Jésus et Marie dans l'Islam

Jésus et Marie dans l'Islam


Jésus et Marie dans l'Islam
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Marie dans l'Islam

Marie est connue et respectée -elle est même parfois priée- dans l'Islam.

Marie est d'abord connue dans l'Islam parce qu'elle est citée à plusieurs reprises par le Coran et notamment dans la sourate 19, comme vierge et mère -par intervention divine- du prophète Jésus. Marie est vénérée dans l'Islam essentiellement pour ses vertus : sa pureté virginale, son humilité, sa piété envers Dieu qui en font un modèle pour la foi des croyants.
La religion musulmane ne reconnait pas Jésus comme le Fils de Dieu
Mais Marie n'est pas considérée comme la Mère de Dieu car la religion musulmane ne reconnaît pas Jésus comme le Fils de Dieu incarné et Dieu lui-même : pour l'Islam, Jésus n'est qu'un grand prophète, né par miracle, d'une vierge exceptionnelle. En réalité, le principal point de convergence entre l'Islam et le Christianisme est la reconnaissance d'un Patriarche commun, Abraham de qui les Musulmans, comme les Juifs et les Chrétiens, tiennent leur foi monothéiste (en Un seul Dieu).
Mais les Musulmans vénèrent Marie, Vierge et Mère de Jésus
Mais malgré des références communes parmi les personnages de la Bible repris dans le Coran, les origines de la personne de la Vierge Marie elle-même divergent entre Islam et Foi chrétienne. On a souvent l'impression dans le Coran, que Marie -de Jésus- est confondue avec la soeur (Myriam) de Moïse et d'Aaron, qui vivaient pourtant au XIIIè siècle avant  le Christ... Néanmoins, la plupart des Musulmans vénèrent Marie comme Vierge immaculée et Mère de Jésus et beaucoup même la prient.

Naissance et enfance de Marie dans le Coran

Les textes du Coran nous parlent de Marie et de sa « nativité », de sa « retraite au Temple », de « l'annonciation », de la « nativité de Jésus », des « calomnies » subies par Marie et de la signification ultime de sa vie : elle est « signe » avec son fils. Voici les deux premières étapes.

La nativité de Marie
Le père de Marie, dans le Coran, s'appellent 'Imran (et non pas Joachim comme dans la tradition chrétienne).

La famille de Marie a fait l'objet d'un choix de Dieu :
« Dieu a choisi, de préférence aux mondes : Adam, Noé, la famille d'Abraham, la famille de 'Imrân, en tant que descendants les uns des autres - Dieu est celui qui entend et qui sait. »
(Coran 3, 33-34)

Le Coran évoque ensuite la prière de la mère de Marie longtemps stérile :
« La femme de 'Imrân dit : "Mon Seigneur ! Je te consacre ce qui est dans mon sein; accepte-le de ma part. Tu es, en vérité, celui qui entend et qui sait." »
(Coran 3,35)

Or, dans la religion juive, un homme ou une femme peuvent faire pour eux-mêmes un voeu de nazirat (Nombre 6) mais ils ne peuvent pas consacrer leur fille, seuls les fils sont éventuellement consacrés au Seigneur (Exode 13,2).[1]
C'est une pourquoi la naissance d'une fille pose problème  à sa mère : la maman s'est étonnée, car elle désirait un garçon pour qu'il puisse être consacré et servir au Temple :
« Après avoir mis sa fille au monde, elle dit : "Mon Seigneur ! J'ai mis au monde une fille" - Dieu savait ce qu'elle avait enfanté: un garçon n'est pas semblable à une fille -"Je l'appelle Marie, je la mets sous ta protection, elle et sa descendance, contre Satan, le réprouvé. »
(Coran 3, 36)

Nous aurons à expliquer ce que signifie sa protection contre Satan dans le contexte du Coran.

Ensuite, Marie grandit progressivement (elle n'est pas adulte à trois ans !), et c'est une belle croissance :
« Son Seigneur accueillit la petite fille en lui faisant une belle réception; Il la fit croître d'une belle croissance. »
(Coran 3,37a)

La retraite au Temple
Le Coran invite à « mentionner Marie, quand elle quitta sa famille et se retira en un lieu vers l'Orient :Elle plaça un voile entre elle et les siens. » (Coran 19, 16-17a)

Si les commentateurs sont d'avis divergents pour préciser où se trouvait ce "lieu oriental" et dire en quoi consistait ce "voile", ils soulignent combien cette vie de "consécration", sous la tutelle et le contrôle de Zacharie, le père de Yahyâ (Jean-Baptiste), était bénie de Dieu et comblée de faveurs spéciales :

« Il la confia à Zacharie. Chaque fois que Zacharie allait la voir, dans le Temple (mihrâb), il trouvait auprès d'elle la nourriture nécessaire, et il lui demandait : "O Marie ! D'où cela te vient-il ?". Elle répondait : "Cela vient de Dieu: Dieu donne, sans compter, sa subsistance à qui Il veut. »
(Coran 3, 37b)

C'est donc dans ce lieu de retraite, ce mihrâb (dont le terme désigne aujourd'hui la niche aveugle qui, dans les mosquées, indique aux Musulmans la direction de leur prière, vers La Mecque) que Marie poursuivait sa vie de prière et de méditation, répondant ainsi aux aveux admiratifs et aux invitations pressantes des Anges qui lui dirent :

« 0 Marie ! Dieu t'a choisie, en vérité ; Il t'a purifiée ; Il t'a choisie de préférence à toutes les femmes de l'univers. 0 Marie ! Sois pieuse envers ton Seigneur ; prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s'inclinent. »
(Coran 3, 42-43)

Enfance de Marie : les apocryphes inspirent l'islam

Concernant la naissance et l'enfance de Marie, il est frappant de constater un étroit parallélisme entre le Coran et les récits apocryphes
Qu’entend-on par "Apocryphes" ?

  • Des écrits hérétiques ou utilisés par les hérétiques (c’est la définition de saint Irénée, Tertullien, St Clément d’Alexandrie, St Hyppolite de Rome)
  • Des écrits qui ne sont pas admis à la lecture publique dans les églises, parce qu’ils ne sont pas canoniques (Rufin et saint Jérôme)
  • Des écrits dont l’origine est méconnue et dont on croit faussement l’attribution à tel ou tel auteur (saint Jérôme)
  • Ils unissent des données utiles à des erreurs doctrinales (selon l’avis de saint Augustin).

Le Protévangile de Jacques occupe une place spéciale, il est utilisé en Orient par Grégoire de Nysse, Epiphane de Salamine etc.  En Occident,  il était connu mais on n’y faisait guère recours : saint Ambroise est typique, il a donné beaucoup de place à la figure de Marie mais il ne parle pas du fait qu’elle ait été confiée aux prêtres du temple etc. Le protévangile de Jacques a inspiré les artistes chrétiens d'Orient et d'Occident, et la liturgie du 21 novembre, - la présentation de Marie au temple en Orient, présentation de Marie (tout court) en Occident.
Nous visualisons ce parallèle avec en rouge en texte du Coran, et, en bleu, celui des apocryphes.

Sainte Anne offre son enfant
La Sourate 3, 35 évoque comment sainte Anne fait l’offrande de l’enfant :
« (Rappelle-toi) quand la femme d'Imran dit : ‘Seigneur, je T'ai voué en toute exclusivité ce qui est dans mon ventre. Accepte-le donc, de moi. C'est Toi certes l'Audient et l'Omniscient.’ »
(Coran, sourate 3, 35)

Ce passage du Coran semble s’être inspiré de l’apocryphe suivant :
« Et Anne dit : ‘Par la vie de mon Seigneur, mon Dieu, si j’enfante, soit un fils, soit une fille, je l’amènerai comme offrande au Seigneur, mon Dieu, et il sera à son service tous les jours de sa vie’. »
(Protévangile de Jacques IV,I,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 9).

L’élection de Marie
La Sourate 3, 33-34 montre l’élection de la famille de Marie:
« 33. Certes, Allah a élu Adam, Noé, la famille d'Abraham et la famille d'Imran au-dessus de tout le monde. 34. En tant que descendants les uns des autres, et Allah est Audient et Omniscient. »
(Coran, sourate 3, 33-34)

Cette sourate semble s’être inspirée des textes apocryphes suivants :
« Et voici qu’un ange du Seigneur apparut et lui dit : ‘Anne, Anne, le Seigneur a écouté ta prière : ‘tu concevras et tu enfanteras, et on parlera de ta progéniture sur toute la terre.’ »
(Protévangile de Jacques IV, 1,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 9)

« Et alors deux messagers vinrent à elle et lui dirent : ‘Voici que Joachim ton époux arrive avec ses troupeaux ; car un ange du Seigneur est descendu vers lui, disant : ‘Joachim, Joachim, le Seigneur Dieu a écouté ta prière, descend d’ici, car voici que ta femme Anne concevra dans ses entrailles.’ [cf. Lc 1,31]»
(Protévangile de Jacques IV,1,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 11)

« ‘Ne crains pas, Anne, parce qu’un rejeton issu de toi est dans le dessein de Dieu ; et l’enfant qui naîtra de toi sera un objet d’admiration à tous les siècles jusqu’à la fin.’ »
(Evangile du pseudo-Matthieu II, III,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 65)

« Je suis un ange de Dieu ; je suis apparu aujourd’hui à ta femme qui pleurait et qui priait, et je l’ai consolée ; sache qu’elle a conçu de toi une fille. Celle-ci demeurera dans le temple de Dieu, et le saint Esprit reposera en elle ; et son bonheur sera plus grand que celui de toutes les saintes femmes, de sorte que nul ne pourra dire qu’il y eut une telle femme avant elle, mais jamais après elle non plus il n’en viendra de semblable à elle en ce monde. Descends donc des montagnes et retourne auprès de ta femme, et tu la trouveras ayant conçu dans ses entrailles : car Dieu a suscité en elle une progéniture, aussi dois-tu lui en rendre grâce, et cette progéniture sera bénie, et Anne elle-même sera bénie et sera établie mère d’une bénédiction éternelle. »
Evangile du pseudo-Matthieu II, III,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 67)

L’enfance de Marie
La Sourate 3, 36 évoque la naissance de Marie :
« 36. Puis, lorsqu'elle en eut accouché, elle dit : "Seigneur, voilà que j'ai accouché d'une fille"; or Allah savait mieux ce dont elle avait accouché! Le garçon n'est pas comme la fille. "Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni". »
(Coran, Sourate 3, 36)

Ce passage du Coran semble s’être inspiré de l’apocryphe suivant :

« Or les mois d’Anne d’accomplirent : le neuvième, elle enfanta. Et elle dit à la sage-femme : ‘qu’ai-je enfanté’ celle-ci dit : ‘une fille’. Et Anne reprit : ‘Mon âme a été glorifiée en ce jour’ : et elle coucha l’enfant. Les jours étant accomplis, Anne se leva, elle donna le sein à l’enfant, et elle l’appela Marie.»
(Protévangile de Jacques V,2,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 13)


La Sourate 37a montre le rôle de Zacharie (et non pas de Joachim comme dans les apocryphes) :
« Son Seigneur l'agréa alors du bon agrément, la fit croître en belle croissance. Et Il en confia la garde à Zacharie. »
(Coran, 37a)

Les apocryphes disent :
« Et Joachim présenta l’enfant aux prêtres, et ceux-ci la bénirent, disant : ‘Dieu de nos pères, bénis cette enfant et donne-lui un nom qui soit répété jusqu’à la fin des siècles à travers toutes les générations.’ Et tout le peuple dit : ‘Ainsi soit-il, Ainsi soit-il, amen’. Et Joachim la présenta aux princes des prêtres, et ceux-ci la bénirent, disant : ‘Dieu des hauteurs du ciel, abaisse tes regards sur cette enfant et donne-lui une bénédiction suprême, une bénédiction sans seconde.’ »
(Protévangile de Jacques VI,2,
Evangiles Apocryphes par C.Michel et P. Peeters, Paris 1924, p. 15)

Conclusion
Le parallèle entre le Coran et les récits apocryphes est très lisible.
Par contre, il n'y a pas d'allusion dans le Coran au contenu de la formation spirituelle de Marie. L'Evangile de saint Luc note que l'ange salue Marie comme dans les oracles adressés à la fille de Sion : "réjouis-toi..." "voici que tu concevras en ton sein...". La réalité historique de Marie fille de Sion et héritière de la foi de ses pères est bien plus solide que celle des récits apocryphes. Marie a une éducation au plan de la prière et de la liturgie juive ainsi que de l'histoire de son peuple et des renouvellements de l'Alliance, de l'attente d'un roi messianique  etc...


Extrait de :

Marie, élue, sainte et toute pure : un trait d'union ?

Dieu a choisi Adam et Noé, et la famille d’Abraham et celle de Iram qui est le père de Marie (Sourate 3, 33) : Marie bénéficie d’une élection générale concernant les ancêtres et d’une élection plus directe sur ses parents.

Le vœu de la mère de Marie
La sourate 3, 35-36a est étonnante : elle raconte comment la mère de la Vierge Marie offre son enfant à Dieu, comme elle en avait fait le vœu à la conception. Or, dans la société sémitique, on ne consacrait pas à Dieu les filles, mais uniquement les fils [1]. La sourate donne l’explication : Dieu est « celui qui entend », il a entendu le vœu. Il est celui qui « sait », il ne s’est pas trompé en faisant naître une fille.

Marie sans influence du Diable
La mère de Marie dit à Dieu : « Je l'ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le Diable, le banni » (sourate 3, 36b). Ce texte montre que Marie est protégée de Satan dès sa conception.
Marie est élue et purifiée, élevée plus que toutes les femmes (sourate 3, 42).
Cette purification advient en vue de la naissance de Jésus afin qu’il puisse demeurer dans un sein pur.

La sainteté de Marie : un trait d'union
entre l'islam et le christianisme...
L’islam a été influencé par le christianisme, à une époque où le dogme de l’immaculée conception n’existait pas, mais où Marie était vénérée comme Pleine de grâce (Lc 1, 28), Toute sainte.
Bien que l’on dénote aussi certaines différences entre le regard chrétien et le regard musulman, la figure de Marie est un trait d’union, par sa sainteté, et par la manière dont elle se fait la servante du Dieu transcendant.
C'est ainsi qu'un enfant de 8 ans, le petit prince héritier du Maroc, à la demande de son père, le Roi du Maroc, est venu à Lourdes prier la Dame mystérieuse et bienfaisante de la Grotte de Massabielle qui s'appelle pour eux aussi Myriam et qui est la Mère de Jésus. C'était le 14 septembre 1971. Le prince était accompagné de ses trois soeurs Lalla Meriem, 9 ans, Lalla Asma, 6 ans et Lalla Hasma, 4 ans. Dans sa suite se trouvaient M. Aouad, ministre chargé de l'éducation du Prince, ainsi que la gouvernante et son aide, toutes deux françaises...
Le responsable de la Grotte leur donna quelques brèves explications. Avec la permission du Ministre, et sur le désir du petit Prince et des Princesses, il leur distribua quelques images de la Vierge de Lourdes.
C'est à cette occasion que le Ministre lui fit part de l'intention formelle du roi désirant la visite de ses enfants à Lourdes et des prières pour lui, sa famille et son pays. En prenant congé du Père, le ministre lui dit :"Le roi sera très sensible de l'accueil fait à ses enfants et je vous en remercie en son nom." [2]
... trait d'union qu'il ne faut pas forcer
Cet épisode n'est pas aussi surprenant qu'il n'y parait. Le Coran présente Marie comme la toute pure, l'élue. Mais cependant, selon le Coran, elle a commis le péché de laisser croire qu'elle est la mère du Fils de Dieu.  Et, selon le Coran, Mahomet, lui aussi, a été purifié, et n'a pas commis la faute que Jésus a commis en se faisant passer pour Dieu...
Bref : pour un musulman, l'image de Marie immaculée est tout à fait conforme à sa foi et à l'enseignement du Coran. Cependant, l'enseignement du Coran n'est pas celui de l'évangile. L'évangile enseigne que Marie est immaculée en vertu de la Croix de Jésus et afin de pouvoir devenir la Mère très digne du Fils de Dieu : rien de cela dans le Coran, comme nous pouvons le vérifier dans les articles d'approfondissement.
Nous ne pouvons pas conclure trop rapidement que le Coran est en consonance avec la tradition chrétienne qui conduira plus tard au dogme de l’immaculée conception, car dans la tradition chrétienne le Christ est le rédempteur, et Marie est immaculée par grâce, par les mérites de son Fils.

Une doctrine musulmane du péché originel ?
La doctrine musulmane du péché originel nous est présentée par Fortunato Riloga à travers un hadith du grand compilateur al-Bkuhari : Le péché originel est contracté au moment de la naissance, pour tout le monde. Il provient de Satan qui touche le nouveau-né, qui émet alors un cri, et qui lui donne un coup de griffe empoisonné dans le côté. Marie et Jésus sont exempt du péché originel.
« Tout fils d’Adam est touché par un démon au moment même de sa naissance. La créature ainsi touchée émet un cri. Seuls Marie et son fils ont fait exception à cette règle. […] A tout descendant d’Adam, le démon enfonce dans le côté ses griffes empoisonnées, au moment même de sa naissance, à l’exception de Jésus et de Marie sa mère, que la bénédiction de Dieu soit sur eux ; un voile épais fut tendu entre eux (entre eux et Satan) qui empêche que Satan ne puisse leur faire quoi que se soit. » [3]
Il est frappant de voir que tous les êtres humains sont blessés par le démon, mais Marie non.
En ce sens, Marie les dépasse tous les humains, et elle dépasserait le prophète Mahomet si la tradition n’avait pris soin d’ajouter un petit récit qui élève aussi Mahomet à un rang exceptionnel.
Une tradition raconte que Mahomet fut confié par sa mère à des bédouins pour apprendre auprès d’eux, dans le désert, comment manier l’épée, monter à cheval, et parler correctement l’arabe. Or, un jour, deux êtres d’apparence humaine, c’est-à-dire deux anges prennent le jeune Mahomet, lui ouvrent le côté, enlève le cœur, le lavent avec de la neige, et le remettent en place, purifié. C’est ainsi que Mahomet fut rendu digne de recevoir le Coran. La purification dont il s’agit est celle du péché originel. [4]


[1] Cf. G. DEUTSCH, Naziarite e Nazir, in Jewish Enciclopedia, New York –London 1907.
[2] Journal de la Grotte de Lourdes, 19.01.75
[3] Cf. RILOBA F. Jesús, hijo de María, en el Corán y el Evangelio. Barcelona 2000, pp. 31- 33.
[4] A.SCHIMMEL, "El Islam", in C.J Bleeker e G.Widengren, Historia Religionum, Vol 2, pp. 129-211, Ed. Cristiandad, Barcelona 1973.

Extrait de :

La sourate 19, sourate de Marie

Que dit le Coran de Marie et de Jésus ?

Mentionne, dans le Livre (le Coran), Marie, quand elle se retira de sa famille en un lieu vers l'Orient.
Elle mit entre elle et eux un voile. Nous lui envoyâmes Notre Esprit (Gabriel), qui se présenta à elle sous la forme d'un homme parfait.
Elle dit: "Je me réfugie contre toi auprès du Tout Miséricordieux. Si tu es pieux, (ne m'approche point)."
Il dit: "Je suis en fait un Messager de ton Seigneur pour te faire don d'un fils pur".
Elle dit: "Comment aurais- je un fils, quand aucun homme ne m' a touchée, et que je ne suis pas prostituée ?"
Il dit: "Ainsi sera-t-il! Cela M'est facile, a dit ton Seigneur! Et Nous ferons de lui un signe pour les gens, et une miséricorde de Notre part. C'est une affaire déjà décidée".
Elle devint donc enceinte (de l'enfant), et elle se retira avec lui en un lieu éloigné.
Puis les douleurs de l'enfantement l'amenèrent au tronc du palmier, et elle dit: "Malheur à moi ! Que je fusse morte avant cet instant ! Et que je fusse totalement oubliée !"
Alors, il l'appela d'au-dessous d'elle, (lui disant:) "Ne t'afflige pas. Ton Seigneur a placé à tes pieds une source.
Secoue vers toi le tronc du palmier: il fera tomber sur toi des dattes fraîches et mûres.
Mange donc et bois et que ton Fils se réjouisse! Si tu vois quelqu'un d'entre les humains, dis (lui:) "Assurément, j'ai voué un jeûne au Tout Miséricordieux : je ne parlerai donc aujourd'hui à aucun être humain".
Puis elle vint auprès des siens en le portant (le bébé). Ils dirent: "Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse !
"Sœur de Hâroûn, ton père n'était pas un homme de mal et ta mère n'était pas une prostituée".
Elle fit alors un signe vers lui (le bébé). Ils dirent: "Comment parlerions-nous à un bébé au berceau ?"
Mais (le bébé) dit: "Je suis vraiment le serviteur d'Allah. Il m'a donné le Livre et m' a désigné Prophète.
Où que je sois, Il m'a rendu béni; et Il m'a recommandé, tant que je vivrai, la prière et la Zakâ ; et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux.
Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant."
Tel est Issa - (Jésus), fils de Marie: parole de vérité dont ils doutent.
Il ne convient pas à Allah de s'attribuer un fils. Gloire et Pureté à Lui! Quand Il décide d'une chose, Il dit seulement: "Sois!" et elle est.
Certes, Allah est mon Seigneur tout comme votre Seigneur. Adorez-le donc. Voilà un droit chemin". (Par la suite,) les sectes divergèrent entre elles. Alors, malheur aux mécréants lors de la vue d'un jour terrible!
Comme ils entendront et verront bien le jour où ils viendront à Nous! Mais aujourd'hui, les injustes sont dans un égarement évident.
Et avertis-les du jour du Regret, quand tout sera réglé ; alors qu' ils sont (dans ce monde) inattentifs et qu'ils ne croient pas.
C'est Nous, en vérité, qui hériterons la terre et tout ce qui s'y trouve, et c'est à Nous qu' ils seront ramenés." (2)

Versets 16-40 de la sourate 19 à propos de Marie, dans le Coran

L’annonciation dans le Coran, différences avec l’Evangile

L'Annonciation est racontée deux fois dans le Coran :

Dans la sourate 19 (appelée aussi sourate de Marie)
« Nous lui avons envoyé notre Esprit : il se présenta devant elle sous la forme d’une homme parfait (il s’agit de Gabriel).
Elle dit : "Je cherche une protection contre toi, auprès du Miséricordieux ; si toutefois tu crains Dieu !".
Il dit : "Je ne suis que l’envoyé de ton Seigneur pour te donner un garçon pur".
Elle dit : "Comment aurais-je un garçon ? Aucun mortel ne m’a jamais touchée et je ne suis pas une prostituée".
Il dit : "C’est ainsi : Ton Seigneur a dit : "Cela m’est facile". Nous ferons de lui un Signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable. »
(Coran 19, 17b-21)

Notons aussi que la fin de la sourate 19 parle de paix : après sa naissance, l’enfant de Marie déclare :
« Et que la paix soit sur moi le jour où je naquis, le jour où je mourrai, et le jour où je serai ressuscité vivant. »
(Coran 19, 33)

La sourate 19 est importante, nous la proposons à lire entièrement dans un autre article.

Dans la sourate 3
« Les anges dirent : "0 Marie ! Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’un Verbe émanant de lui : Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie ; illustre en ce monde et dans la vie future ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu. Dès le berceau, il parlera aux hommes, tout comme plus tard, adulte : il sera au nombre des justes".
Elle dit : "Mon Seigneur ! Comment aurais-je un fils ? Nul homme ne m’a jamais touchée".
Il dit : "Dieu crée ainsi ce qu’Il veut : lorsqu’Il a décrété une chose, Il lui dit : "Sois !"... et elle est". Dieu lui enseignera le Livre, la Sagesse, la Torah et l’Evangile ; et le voilà prophète, envoyé aux Fils d’Israël : "Je suis venu à vous avec un Signe de votre Seigneur : je vais, pour vous, créer d’argile, comme une forme d’oiseau. Je souffle en lui, et il est : "oiseau", -avec la permission de Dieu. Je guéris l’aveugle et le lépreux ; je ressuscite les morts -avec la permission de Dieu. Je vous dis ce que vous mangez et ce que vous cachez dans vos demeures. Il y a vraiment là un Signe pour vous, si vous êtes croyants" »
(Coran 3, 45-49)

La sourate 3, 42-48 et la sourate 19, 17-27 sont inspirées de l’annonciation dans l’évangile de saint Luc : la foi dans la maternité virginale de Marie devient ainsi le lien entre les chrétiens et les musulmans... Mais avec de grands changements :

La bénédiction de paix qui repose sur Jésus (Coran 19, 33) a des parallèles dans l’Evangile : L’ange Gabriel dit à Marie « Réjouis-toi, comblée de grâce. » (Lc 1,28) et il lui annonce la naissance de Jésus, qui sera « roi » (Lc 1, 33). Il fait écho au prophète Zacharie « Exulte avec force, fille de Sion ! […] Voici que ton roi vient à toi : il est juste et victorieux [sauvé], humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse. » (Za 9,9). Il s’agit de la joie messianique dans un royaume pacifique (l’ânon du roi est tout l’opposé du cheval de guerre). Les anges de Noël chantèrent joyeusement la venue de Jésus : « Paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Lc 2, 13-14).

Marie ne donne pas son consentement. Allah ne l’attend pas. Tout est décidé d’avance, il y a un déterminisme, l’islam n’est pas une religion d’Alliance. Il y a donc non seulement une distance entre l’islam et le christianisme, mais une distance entre l’islam et le judaïsme où l’Alliance constitue le fondement de toute la religion.

La virginité est vénérée par les musulmans, mais seulement avant le mariage. C’est souvent la fille du prophète, Fatima, une mère, qui est vénérée comme l’idéal féminin. La virginité de Marie est honorée mais sa signification profonde - un état de vie d’oblation – n’est pas comprise ni honorée en tant que telle.

Dans le Coran, l’Esprit Saint est absent et il y a plusieurs anges qui font l’annonce à Marie.

Dans le Coran, Jésus n’est qu’un prophète. On perçoit sans doute ici les influences sur le Coran des hérésies chrétiennes (le subordinationisme ou le docétisme…). Et l’on comprend alors les autres différences par rapport à l’Evangile, dans la manière de raconter l’Annonciation. C’est l’ange Gabriel qui serait intervenu, en soufflant dans la manche du vêtement de la Vierge. Ainsi, la conception de Jésus serait miraculeuse et virginale (et Marie élève ensuite seule Jésus), mais ce n’est pas Dieu qui descend.

Ces trois derniers points marquent une grande différence avec le christianisme.
Dans le Coran comme dans l’Evangile, Marie est vierge et elle est mère. Elle est donc un modèle de pureté corporelle et un signe de la transcendance de Dieu.
Mais là s’arrête la ressemblance. Dans l’évangile, Marie est mère du Fils de Dieu et elle l’est par un libre consentement dans le cadre d’une Alliance. Rien de tel dans le Coran.

Ces différences expliquent les paroles de l’Eglise, bienveillantes mais prudentes et limitées, lorsque des musulmans viennent honorer Marie avec les chrétiens, comme ce fut le cas par exemple en 1970, lors du 5ème pèlerinage national à Notre Dame du Mali, Reine de la Paix (Kita, Mali). Mgr Mariani, délégué apostolique de l’Afrique occidentale, prit la parole ainsi :
« Vous, chrétiens du Mali, vous vous unissez avec votre présence aux hommages qui montent vers la Vierge Marie. Et vous, croyants, qui sans être chrétiens, êtes venus vous unir à notre prière, vous avez exprimé votre foi dans la maternité virginale de Marie, qui devient ainsi le lien entre les chrétiens et les musulmans. » (1)


(1) Attilio GALLI, Madre della Chiesa dei Cinque continenti, Ed. Segno, Udine, 1997, p.714

Extrait de :

Dessein de Dieu ou décret irrévocable d'Allah ?

Le déterminisme dans l'islam
Dans le Coran, le second récit de l’Annonciation s’achève par ces mots : « Nous ferons de lui [le fils de Marie] un Signe pour les hommes ; une miséricorde venue de nous. Le décret est irrévocable. » (Coran 19, 17b-21) Et il n’y a pas de Oui de Marie, l’ange n’attend pas sa réponse.

Certains théologiens musulmans voudraient bien parler comme les chrétiens, en associant les notions de libre arbitre et d’omniscience de Dieu ; mais ils se heurtent à plusieurs sourates du Coran qui affirment la prédestination.
- On ne peut accomplir que ce que Allah a écrit pour nous (Sourate 9, 51).
- Un homme peut être guidé par Allah, alors il est bien guidé, mais il peut être aussi dévié par Allah, alors il se perd (Sourate 7, 178-179).
- Un décret éternel a décidé que certains ne croiraient pas (Sourate 36, 7-10).

La tradition musulmane a encore durci cette vision des choses en rendant très rigide la notion de déterminisme. Un fameux Hadith (les Hadith sont une source d’autorité majeure après le coran) dit ceci :
« [A l’embryon dans le sein de sa mère ] l’ange insuffle l’esprit vital et ordonne quatre paroles prescrites : sa subsistance, la fin de sa vie, ses actions et son bonheur ou son malheur. Je jure sur Allah, en dehors duquel il n’y a pas d’autres dieux, que celui qui agit avec les gens du paradis jusqu’à être proche d’eux de la distance d’un bras, sera écrasé selon ce qui lui est prescrit : il agira comme les gens de l’enfer et il ira en enfer. Celui qui agit avec les gens de l’enfer jusqu’à être proche d’eux de la distance d’un bras, sera retourné selon ce qui lui est prescrit : il agira comme les gens du paradis et il ira au paradis. » [1]
[1] Al Bukhari, The translation of the meanings of Sahih of Al-Bukhari, vol 8, Medina 1970, p. 387


En conséquence, tout ce qui est dit du mérite dans la foi chrétienne devient inconsistant dans la foi musulmane, et en particulier ce qui est dit du mérite de Marie. Entre Allah et les hommes, il n’y pas d’Alliance qui suscite une réponse, une attitude responsable. Le coran présente simplement Marie comme une femme « dévote » qui « se prosterne et s’incline » (sourate 3, 43). Et c’est bien ce que souligneront les commentaires de Razî.

La foi chrétienne est bien différente
L’enseignement biblique est bien différent. Dieu a donné la liberté. Dieu est juste est il récompense. Dieu fait alliance et il n'est pas indifférent à l'attitude humaine.
Même lorsque saint Paul dit que Dieu le Père « nous a prédestinés à être saints et immaculés en sa présence dans l’amour » (hymne aux Ephésiens), il ne s’agit pas d’un déterminisme, simplement Dieu n’a pas créé sans but et pour l’absurde, il nous a créés pour la sainteté et l’amour. Et il a créé l’univers en vue de l’Incarnation, pour que le Fils prenne chair et unisse l’humanité à la vie divine. Ayant désiré l’Incarnation du Fils, Dieu avait aussi désiré la mère par laquelle cette Incarnation aurait lieu ! Mais Marie était libre, comme aussi toutes les autres créatures.
Les grands auteurs chrétiens ont soulignés la responsabilité de Marie, et comment dans le dessein de Dieu, il était important que Marie soit libre, méritante et responsable, par exemple Cabasilas, en Orient.


Extrait de :

La maternité virginale de Marie dans le Coran

La nativité de Jésus

« Elle devint enceinte de l'enfant puis elle se retira avec lui dans un lieu éloigné. Les douleurs la surprirent auprès du tronc du palmier. Elle dit : "Malheur à moi ! Que ne suis-je déjà morte, totalement oubliée !".
L'enfant qui se trouvait à ses pieds l'appela : "Ne t'attriste pas ! Ton Seigneur a fait jaillir un ruisseau à tes pieds. Secoue vers toi le tronc du palmier ; il fera tomber sur, toi des dattes fraîches et mûres. Mange, bois et cesse de pleurer.
Lorsque tu verras quelque mortel, dis : "J'ai voué un jeûne au Miséricordieux ; je ne parlerai à personne aujourd'hui" »
(Coran 19, 22-26)

Douleurs de l'enfantement, consolations reçues de Jésus lui-même, eau courante et dattes fraîches enfin proposées pour tout oublier : tout se passe dans l'intimité d'un premier dialogue entre la mère et l'enfant, avant que ne soit promis le grand "jeûne de la parole".

Les calomnies subies par Marie
On sait que, très tôt, des traditions juives ont accusé Marie des fautes les plus graves : fornication, maternité illégitime, etc... ; le Coran se fait l'écho de ces calomnies et prend farouchement la défense de Marie. Celle-ci, soupçonnée par les siens, semble inviter le nouveau-né à prendre sa défense.

« Elle se rendit auprès des siens, en portant l'enfant.
Ils dirent : "O Marie ! Tu as fait quelque chose de monstrueux ! O soeur d'Aaron ! Ton père n'était pas un homme mauvais et ta mère n'était pas une prostituée".
Elle fit signe au nouveau-né et ils dirent alors : "Comment parlerions-nous à un petit enfant au berceau ?".
Celui-ci dit : "Je suis, en vérité, le serviteur de Dieu. Il m'a donné le Livre ; il a fait de moi un Prophète ; il m'a béni, où que je sois. Il m'a recommandé la prière et l'aumône - tant que je vivrai -et la bonté envers ma mère. Il ne m'a fait ni violent ni malheureux.
Que la Paix soit sur moi, le jour où je naquis ; le jour où je mourrai ; le jour où je serai ressuscité" »
(Coran 19,27-33)

Le Coran souligne, à dessein, le tragique de la situation : Dieu comble de Sa paix l'enfant et sa mère, qu'Il a faits doux, l'un et l'autre, tandis qu'Il maudit les Juifs « parce qu'ils ont proféré une horrible calomnie contre Marie » (Coran 4,156b).
Preuve supplémentaire, s'il en était besoin, que pour le Coran et l'Islam, Marie est vierge quand elle conçoit.

N.B. Notons combien la paix est associée au nom de Jésus, et ceci dès le commencement de sa vie.

Marie est un signe, avec son fils

Le Coran donne une place importante à Marie. Il évoque ses parents, sa naissance, son enfance, l'annonce à Marie et la naissance de Jésus... Tous ces détails sont d'autant plus importants que Marie est la seule femme qui soit nommée par son nom dans le Coran. Le livre saint des musulmans lui réserve donc une position privilégiée, singulière, éminente, jamais atteinte ni même entrevue pour les autres femmes, fussent-elles épouses ou filles de Mahomet ! Le Coran parle de Marie en termes respectueux, voire admiratifs, et invite fréquemment à "se souvenir" d'elle : "mentionne Marie" (Coran 19, 76). Son destin est lié à tout jamais à celui de son fils qui se voit, vingt-quatre fois, désigné du titre de "Jésus, fils de Marie" ?

Le Coran déclare, par deux fois, que le fils et sa mère constituent un seul et même "signe" (âya) donné en exemple à l'univers entier :
« Nous avons fait du fils de Marie et de sa mère un Signe. Nous leur avons donné asile sur une colline tranquille et arrosée. »
(Coran 23, 50)

« Et celle qui était restée vierge... Nous avons fait d'elle et de son fils un Signe pour les mondes. »
(Coran 21, 91)

Signe : un terme utilisé pour les merveilles de la création
Marie est un "signe" pour l'univers et il conviendrait de souligner ici l'importance du terme coranique "signe" (âya). Ce mot est toujours utilisé pour les merveilles de la création, signes de Dieu qui incitent à la foi. Mais ce mot n'est jamais attribué à des humains, même pas au prophète de l'islam, Mahomet.
La providence divine a voulu manifester en Marie l'abondance de ses dons.
Marie a été choisie, et même doublement, pour elle-même d'abord, et comme mère du Messie ensuite (Coran 3,42 ; 3, 33-34).
Ainsi prédestinée par un acte préférentiel du Miséricordieux, elle a été purifiée de tout ce qui rendait alors une femme "légalement impure" ; physiologiquement purifiée, elle l'est aussi moralement, protégée contre toute atteinte de Satan, et c'est pour cela qu'elle est appelée dévote et sainte (siddîqa) (Coran 5, 75).
Ayant renoncé à toute maternité, elle se voit invitée et comme contrainte à une maternité virginale doublement réaffirmée si bien que son fils ne tire de filiation légitime que d'elle, et d'elle seule : il est Jésus, le fils de Marie. C’est pour cela qu’elle est liée à son fils au point de ne constituer avec lui qu'un seul et même signe.

Vierge, croyante et dévote, Marie est proposée à tous en exemple
Rien d'étonnant alors si le Coran la propose comme "modèle" (mathal) à ceux qui croient en Dieu (Coran 66, 12) ! Et en quoi a-t-elle ainsi valeur de modèle ? C'est parce que Marie "garda sa virginité..., déclara véridique les Paroles de son Seigneur et ses Livres, était au nombre de ceux qui craignent Dieu" (Coran 66, 12). C'est parce qu'elle est vierge, croyante et dévote qu'elle est ainsi proposée à tous en exemple.

Marie "témoin de la foi" parce qu'elle a déclaré vraies (saddaqat) les Paroles de son Seigneur". Marie "témoin du culte", de la prière personnelle et du "jeûne de la parole", "se prosterne et s'incline avec ceux qui s'inclinent" (Coran 3, 43), dans la solitude du "lieu oriental " où un "voile" la cache aux regards indiscrets (Coran 19, 16).
Marie "témoin de la réserve et de la pudeur", a su "garder sa virginalité" (Coran 66, 12) et donner aux purifications passives reçues de Dieu une signification toute personnelle pour en faire des purifications actives.



Tabarî : Dialogue entre Joseph et Marie

La tradition musulmane rapporte une conversation qu'aurait eu Marie avec Joseph, son compagnon du Temple et celui à qui elle était promise.
Selon cette tradition, Marie a conscience du caractère transcendant et providentiel de sa grossesse.
Dans le cadre du dialogue islamo-chrétien, observons deux points :
A la différence de la foi chrétienne, cette naissance transcendante n'est pas celle du Fils de Dieu « Il ne convient pas à Allah de S'attribuer un fils. Gloire et Pureté à Lui ! » (Sourate 19, 35)
Par ailleurs, le récit de Tabarî, en soulignant la puissance créatrice, présente cette conception comme l'œuvre d'un Dieu solitaire « il dit 'sois !' et cela est », alors que le Nouveau Testament présente clairement la liberté et le Oui du Christ qui vient en ce monde (He 10,9) ainsi que le Oui de Marie (Lc 1, 38).
Voici ce texte :

Lorsque Marie devint enceinte, le premier qui s'aperçut de cette grossesse fut son compagnon, Joseph. Quand il vit son état, il fut scandalisé, horrifié et peiné ; il ne savait comment se l'expliquer. Dès qu'il voulait la soupçonner, il se rappelait sa vertu et sa présence continuelle à côté de lui. Mais chaque fois qu'il cherchait à l'innocenter, il considérait son état.

Lorsque, ne pouvant plus contenir sa peine, il lui en parla, sa première parole fut de l'interroger : « Il m'est survenu à ton sujet une pensée que j'ai voulue étouffer et taire ; je n'y ai point réussi. Et j'ai estimé que le fait de t'en parler soulagerai mon cœur. »

« Parle donc, dit-elle, et tiens-moi un bon propos ! »

« Je ne veux point en tenir d'autre, reprit-il. Mais dis-moi ! Un blé peut-il pousser sans semence ? »

« Oui » répondit Marie.

« Et un arbre, peut-il croître sans pluie ? »

« Oui », fit-elle.

« Et un enfant, demanda-t-il encore, peut-il être conçu sans père ? »

« Oui », répondit enfin Marie. « Ne sais-tu pas que Dieu quand il a créé le blé, Il le fit pousser sans semence, car la semence vient elle-même du blé ?  Ne sais-tu pas aussi que Dieu créa les arbres sans la pluie et que, par la même puissance, Il fit la pluie pour vivifier les arbres, après avoir créé les deux séparément ? Ou bien diras-tu que Dieu n'a pu faire pousser les arbres sans le secours de la pluie ! Sans la pluie, il n'aurait pu faire croître les arbres ?

« Non, répondit Joseph, je ne dis point cela ; mais je sais plutôt que Dieu crée tout ce qu'il veut, Il lui suffit de dire "sois !" et une chose est. »

« Ne sais-tu pas, continua Marie, continua Marie, que Dieu créa Adam et Eve sans le secours d'un homme et d'une femme ? »

Il répondit : « Si, bien sûr !»

Lorsque Marie eut dit cela, Joseph comprit que son état résultait d'une Intervention divine et qu'il ne pourrait l'interroger plus à ce sujet, car il constata qu'elle tenait à garder le secret. Alors, il se chargea seul du service du Temple et prit sur lui toutes les besognes qu'elle accomplissait auparavant. »


Tabarî,
Chronique II, 723-726,
cité dans : Faouzi Skali, Jésus dans la tradition soufie,
Albin Michel 2004, p. 85-86.

Les chrétiens adorent Marie : un malentendu

La sourate 5, 116 critique les chrétiens en pensant, à tort, qu’ils adorent (au sens fort de l’adoration « de latrie ») trois divinités : le Père, la Mère (la Vierge Marie) et le Fils (Jésus).
Cette mauvaise compréhension du christianisme peut être due au souvenir de l’existence des Choloridiens qui faisaient des offrandes à Marie : en effet, en Arabie, au IV° siècle, lors d’une fête annuelle, quelques femmes offraient à la Sainte Vierge des tartes confectionnées avec des ingrédients spéciaux appelées « Choloridi ».
La cérémonie, réservée exclusivement aux femmes, suscita la réprobation et la correction de saint Epiphane (315-403), évêque de Salamine à Chypre.
« Le corps de Marie était certainement saint, mais il n'était pas Dieu. La Vierge était sûrement vierge et digne d’honneur; cependant elle n'a pas été donnée aux hommes pour être adorée. Mieux, elle a été elle-même l’adoratrice de Celui qui, selon la chair, est né d'elle, mais qui était descendu du Ciel et du Sein du divin Père. »
(Saint Epiphane, Panarion, 79,4)

Ce culte fut alors délaissé et remplacé par un mouvement anti-marial, authentiquement hérétique, avec l’excès inverse, il considérait Marie comme une femme commune en lui niant tout culte et toute vénération.


Extrait de :

Jésus dans l'islam

Que pensent les musulmans de Jésus ?

Les musulmans respectent et révèrent Jésus (que la paix soit sur lui).
Ils le considèrent comme l'un des plus importants messagers que Dieu a envoyé à l'humanité. 
Le Coran confirme sa naissance miraculeuse (d'une vierge), et un chapitre du Coran est intitulé "Maryam" (Marie).  Le Coran décrit la naissance de Jésus comme suit :
 (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : "Ô Marie, voilà que Dieu t'annonce une parole de Sa part: son nom sera le Messie Jésus, fils de Marie, illustre ici-bas comme dans l'au-delà, et l'un des rapprochés de Dieu.  Il parlera aux gens, dans le berceau et en son âge mûr, et il sera du nombre des gens de bien".  Elle dit: "Seigneur!  Comment aurais-je un enfant, alors qu'aucun homme ne m'a touchée?".  "C'est ainsi!", dit-Il.  Dieu crée ce qu'Il veut.  Quand il décide d'une chose, Il lui dit seulement "Sois", et elle est aussitôt.  (Coran, 3:45-47)
Jésus est né de façon miraculeuse sur l'ordre de Dieu, tout comme Adam, à qui Dieu avait insufflé la vie sans qu'il n'ait eu de père.  Dieu a dit :
" Pour Dieu, Jésus est comme Adam qu'Il créa de poussière, puis Il lui dit : "Sois"; et il fut. " (Coran, 3:59)
Durant sa mission prophétique, Jésus a accompli plusieurs miracles.  Dieu nous révèle que Jésus a dit :
 "En vérité, je viens à vous avec un signe de la part de votre Seigneur.  Pour vous, je forme de la glaise comme la figure d'un oiseau, puis je souffle dedans; et, par la permission de Dieu, cela devient un oiseau.  Et je guéris l'aveugle-né et le lépreux, et je ressuscite les morts, par la permission de Dieu.  Et je vous apprends ce que vous mangez et ce que vous amassez dans vos maisons...”  (Coran, 3:49)
Les musulmans croient que Jésus n'a pas été crucifié.  Ses ennemis avaient l'intention de le crucifier, mais Dieu l'a sauvé et l'a élevé vers Lui.  Et l'apparence physique de Jésus fut donnée à un autre homme.  Alors les ennemis de Jésus s'emparèrent de cet homme et le crucifièrent, croyant ainsi crucifier Jésus.  Dieu a dit :
 ...Ils dirent : "Nous avons tué le Messie, Jésus, fils de Marie, le messager de Dieu"...   Or, ils ne l'ont ni tué ni crucifié, mais son apparence fut donnée à un autre homme (et ils tuèrent cet homme)...  (Coran, 4 :157)
Ni Mohammed, ni Jésus ne vinrent pour apporter des changements à la doctrine de base selon laquelle on ne doit croire qu'en un seul Dieu, doctrine qui fut prêchée par d'autres prophètes avant eux ; il vinrent plutôt pour la confirmer et la renouveler.

Les informations ci-dessous proviennent de : http://www.islamreligion.com/fr/videos/31/

La façon dont Jésus est perçu, en islam, se situe entre deux extrêmes.  Les juifs ont rejeté Jésus en tant que prophète, le traitent d’imposteur, tandis que les chrétiens, de leur côté, le considèrent comme le fils de Dieu et lui vouent un véritable culte. 
L’islam, lui, considère Jésus comme l’un des plus grands prophètes et parmi les plus indulgents avec Noé, Abraham, Moïse et Mohammed, que la paix et les bénédictions de Dieu soient sur eux tous. 
Jésus est également considéré comme le Messie.  Cela est conforme au point de vue islamique sur l’unicité de Dieu et sur le fait qu’Il soit le seul à guider l’humanité, et au rôle complémentaire qu’ont joué les missions subséquentes des messagers de Dieu.
Le message de Dieu à l’humanité, qui est de L’adorer, Lui et personne d’autre, et de vivre en conformité avec Ses commandements, a d’abord été révélé à Adam (que la paix soit sur lui), qui l’a transmis à sa progéniture.  Toutes les révélations subséquentes de Noé, Abraham, Moïse, Jésus et, finalement, Mohammed comportaient essentiellement le même message. 
Par conséquent, l’islam considère que toutes les contradictions que l’on retrouve au sein des religions révélées, de nos jours, sont des éléments qui ont été introduits par les hommes.  On ne doit donc pas s’étonner que les points de vue sur Jésus, au sein des trois grandes religions – judaïsme, christianisme et islam – diffèrent complètement.
Bien que le Coran ne présente pas un récit détaillé de la vie de Jésus, il souligne les aspects importants de sa naissance, de sa mission et de son ascension au ciel.  Il prononce également un jugement sur les croyances que les juifs et les chrétiens alimentent à son égard.  Voici quelques vérités que Dieu nous a révélées au sujet de Jésus, dans le Coran :

Il est né d’une mère qui était vierge

Comme les chrétiens, les musulmans croient que Marie (ou Maryam, en arabe) était une femme chaste et vierge, qui a miraculeusement donné naissance à Jésus.  Sa naissance est donc un véritable miracle, puisqu’il n’a jamais eu de père.  Dieu  la décrit ainsi dans le Coran :
« Et fait mention de Marie, dans le Livre, quand elle alla s’isoler, loin de sa famille, dans un lieu situé à l’est.  Elle étendit un voile entre elle et le monde.  Nous lui envoyâmes Notre esprit, qui avait revêtu pour elle une forme humaine accomplie.   Elle dit : « Je me réfugie contre toi auprès du Miséricordieux !  Si tu crains Dieu, [ne m’approche point]! »  Il dit : « Je ne suis qu’un messager de ton Seigneur, venu t’annoncer la naissance d’un fils pur. »  Elle dit : « Comment pourrais-je avoir un fils alors qu’aucun homme ne m’a (jamais) touchée et que je ne suis point une femme de mœurs légères ? »  Il dit : « Ainsi sera-t-il.  Cela M’est facile, a dit ton Seigneur.  Et Nous ferons de lui un signe pour les gens et une miséricorde émanant de Nous.  C’est une affaire déjà décrétée. » (Coran 19:16-21)
Cela ne signifie pas pour autant que Jésus soit d’esprit ou d’essence divine ni qu’il mérite notre adoration, surtout si l’on considère que la naissance d’Adam a été encore plus miraculeuse que celle de Jésus.  Si sa naissance miraculeuse était la preuve que Jésus est Dieu incarné ou encore Son fils, alors Adam aurait encore plus de droit que lui à cette divinité.  Mais la vérité est qu’ils étaient tous deux des prophètes ayant reçu une révélation de la part de Dieu, et qu’ils étaient tous deux Ses serviteurs, vivant en conformité avec Ses commandements.
« Certes, pour Dieu, Jésus est comme Adam, qu’Il créa de poussière (de la terre), puis lui dit : « Sois! » et il fut. »  (Coran 3:59)

Il a accompli des miracles

Comme les chrétiens, les musulmans croient que Jésus a accompli des miracles.  Ces miracles, cependant, n’ont pu être accomplis que par la volonté et la permission de Dieu, qui détient le pouvoir sur toute chose.
« Alors Dieu dira : « Ô Jésus, fils de Marie!  Rappelle-toi Mon bienfait dont Je vous ai comblés, ta mère et toi, et comment Je t’ai fortifié du Saint-Esprit, de sorte qu’au berceau, tu parlais aux gens, de même qu’en ton âge mûr.  Je t’enseignais le Livre, la sagesse, la Torah et l’Évangile.  Par Ma permission, tu façonnais l’argile en forme d’oiseau ; puis, tu soufflais dessus, et par Ma permission, elle devenait (un véritable) oiseau.  Et tu guérissais, par Ma permission, l’aveugle-né et le lépreux.  Et par Ma permission, tu faisais revivre les morts.  Je te protégeais contre les enfants d’Israël quand tu leur apportais des preuves claires, et ceux d’entre eux qui ne croyaient pas disaient : « Ce n’est que de la magie évidente. »  (Coran 5:110)
Dieu a envoyé tous les prophètes avec des miracles destinés à la nation chez laquelle ils étaient envoyés, afin de prouver la véracité du message qu’ils prêchaient.  Ces miracles n’ont bien entendu pas été accomplis par les prophètes  eux-mêmes ; c’est Dieu qui les a rendus possibles, par Sa volonté.  Les miracles accomplis par Jésus n’échappaient pas à cette règle.  Les juifs de l’époque connaissaient bien la médecine, et les miracles accomplis par Jésus étaient de cette nature; ils prouvaient ainsi la véracité du message qu’il prêchait et étaient plus susceptibles de convaincre les juifs.

La divinité qu’on lui attribue

Les musulmans croient en l’unicité absolue de Dieu, qui est un Être Suprême dépourvu de toutes limites, de tous besoins et de tous désirs humains.  Aucun associé ne partage Sa divinité.  Il est le Créateur de toute chose et Il est totalement distinct et situé en dehors de Sa création.  Toute adoration doit lui être vouée  exclusivement.
C’est là le message prêché par tous les prophètes de Dieu, y compris Jésus.  Jamais il n’a prétendu posséder des qualités divines, ni qu’il était digne d’être adoré.  Il n’a jamais dit, non plus, qu’il était le « fils » de Dieu ou qu’il faisait partie d’une « trinité ».  Tout ce qu’il a affirmé, c’est qu’il n’était qu’un serviteur de Dieu envoyé aux juifs pour les ramener vers la bonne religion, c’est-à-dire l’adoration de Dieu seul et l’obéissance à Ses commandements.  La majorité des versets coraniques qui mentionnent Jésus parlent de cet aspect de sa mission.  Ils prouvent que Jésus n’est devenu un objet d’adoration qu’à la suite de mensonges inventés à son sujet.  Le Coran confirme également certains passages de sa vie où il nie lui-même mériter quelque adoration que ce soit, et soutient l’idée que les paraboles et les exemples que présente Dieu démontrent la nature mortelle de Jésus et non pas sa prétendue divinité ou relation filiale avec Dieu.  Dieu dit, dans le Coran :
« Ce sont certes des mécréants ceux qui disent : « En vérité, Dieu est le Messie, fils de Marie. », alors que le Messie (lui-même) a dit : « Ô enfants d’Israël !  Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. » (Coran 5:72)
Et au sujet de la « trinité », Il affirme :
« Ce sont certes des mécréants ceux qui disent : « En vérité, Dieu est le troisième de trois. », alors qu’il n’y a pas d’autre divinité que Dieu seul.  Et s’ils ne cessent de le dire, un douloureux châtiment touchera les mécréants parmi eux.   Ne vont-ils pas se repentir à Dieu et implorer Son pardon ?  Car Dieu est Pardonneur et Miséricordieux.  Le Messie, fils de Marie, n’était qu’un messager.  Avant sa venue, des messagers (comme lui) sont passés.  Sa mère était une femme véridique, et ils consommaient tous deux de la nourriture.  Vois comme Nous leur expliquons les révélations, et vois comme ils se détournent! » (Coran 5:73-75)
Et aussi :
« Ô gens du Livre!  N’exagérez pas dans votre religion et ne dites, sur Dieu, que la vérité.  Le Messie, Jésus fils de Marie, n’était qu’un messager de Dieu, Sa parole qu’Il transmit à Marie et un esprit provenant de Lui.  Croyez donc en Dieu et en Ses messagers, et ne dites plus « Trois ».  Cessez!  Ce sera bien mieux pour vous.  Dieu est un Dieu unique.  Il est trop parfait pour avoir un fils.  C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre.  Et Il suffit comme protecteur. » (Coran 4:171)
Dieu considère cette croyance comme une chose abominable et une insulte à             Sa majesté :
« Et ils disent: « Le Tout Miséricordieux s’est attribué un fils. »  Vous proférez là une chose abominable!  Peu s’en faut que les cieux ne se déchirent, à ces mots, que la terre ne se fende et que les montagnes ne s’écroulent!  Quoi!  Attribuer un fils au Très Miséricordieux alors qu’il ne sied nullement à (la majesté) du Tout Miséricordieux d’avoir un fils!  Aucun habitant des cieux et de la terre ne se rendra auprès du Tout Miséricordieux autrement qu’en serviteur. »  (Coran 19:88-93)
Au Jour du Jugement, Jésus niera ce caractère divin qu’on lui aura attribué.  Dieu nous rapporte ce qu’il répondra lorsqu’il sera interrogé au sujet des gens qui l’adoraient :
« Et lorsque Dieu dira, [au Jour de la Résurrection] : « Ô Jésus, fils de Marie!  Est-ce toi qui as dit aux gens : « Prenez-nous, ma mère et moi, pour deux divinités en dehors de Dieu? »  Il dira : « Gloire à Toi!  Il ne m’appartenait pas de déclarer ce que je n’avais aucun droit de dire.  Si je l’avais dit, Tu l’aurais su, certes.  Tu sais ce qu’il y a en moi, mais je ne sais pas ce qu’il y a en Toi.  Certes, Toi et Toi seul connais l’invisible. Je ne leur ai dit que ce que Tu m’avais commandé (de dire), à savoir : « Adorez Dieu, mon Seigneur et votre Seigneur. »  (Coran 5:116-117)
Dans ces versets, Dieu affirme catégoriquement qu’assigner à Jésus l’attribut de « fils de Dieu » ou de « deuxième de la trinité » constitue un blasphème énorme.  Cela parce que Dieu est unique et qu’Il ne ressemble en rien à Sa création.  Il est unique dans Son essence, Sa divinité, Ses attributs et Sa souveraineté.  C’est ce qui constitue le strict monothéisme qu’Il a révélé dans Ses Écritures et qui est le premier des Dix Commandements :
« Alors Dieu prononça toutes ces paroles: « Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Égypte, du pays où tu étais esclave.  Tu n'auras pas d'autre dieu que moi. » (Exode 20:1-3)
Attribuer un fils à Dieu va clairement à l’encontre de la raison même pour laquelle Il a établi la création et envoyé des prophètes.  Dieu dit, dans le Coran :
« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Coran 51:56)
Et Il a dit, également :
« Nous avons envoyé à chaque nation un messager (pour lui dire) : « Adorez Dieu et bannissez les fausses divinités. »  (Coran 16:36)

Sa mission

Tel que mentionné plus haut, le Coran affirme de façon catégorique que Jésus n’était ni plus ni moins qu’un prophète.  Les prophètes sont les meilleures personnes de la création; ce sont eux que Dieu a choisis pour transmettre Sa révélation.  Ils doivent toutefois être considérés comme de simples émissaires de Dieu et non comme des êtres que nous devrions adorer.  Tel que mentionné dans le Coran, Jésus n’est pas différent des autres prophètes à ce niveau.
Partout dans le Coran, Jésus est identifié comme un prophète de Dieu qui a été  envoyé aux juifs parce que ceux-ci s’étaient, avec le temps, éloignés des enseignements de Moïse et des autres messagers.
« Et quand Jésus, fils de Marie, dit : « Ô enfants d’Israël!  Je suis vraiment le messager de Dieu, qui vous est [envoyé] pour confirmer ce qui a été (révélé), avant ma venue, dans la Torah… » (Coran 61:6)
Jésus, fils de Marie, a été le dernier des prophètes juifs.  Il a vécu en conformité avec la Torah, la Loi de Moïse, et a enseigné à ses fidèles à faire de même.  Dans Matthieu 5:17, Jésus déclare :
« Ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la Loi ou les prophètes; je ne suis pas venu pour abolir, mais pour accomplir. »
Jésus et le message qu’il prêchait n’étaient en rien différents des prophètes précédents choisis par Dieu et du message qu’ils prêchaient.  Ils ont tous appelé les hommes à adorer Dieu de façon exclusive et à obéir à Ses commandements.  De même qu’il a été conçu et mis au monde de façon miraculeuse, Dieu lui a apporté Son soutien sous la forme de nombreux miracles qui devaient prouver qu’il était réellement Son messager.  Toutefois, la majorité des juifs refusèrent de croire à sa mission prophétique.
Non seulement Jésus a-t-il confirmé les Écritures révélées avant lui, mais il a également annoncé la venue d’un autre prophète après lui.  Dieu dit :
« Et quand Jésus, fils de Marie, dit : « Ô enfants d’Israël!  Je suis vraiment le messager de Dieu, qui vous est [envoyé] pour confirmer ce qui a été (révélé), avant ma venue, dans la Torah, et pour vous annoncer la bonne nouvelle d’un messager qui viendra après moi et dont le nom sera « Ahmed ». »  (Coran 61:6)
Ce fait est aussi mentionné dans le Nouveau Testament.  En effet, une étude attentive permet de comprendre que Jésus (que la paix soit sur lui) fait référence au même prophète dans Jean 14:16 :
« Et moi, je demanderai au Père de vous donner un autre Défenseur de sa cause, afin qu'il reste pour toujours avec vous. »

Sa crucifixion

Dieu affirme clairement, dans le Coran, que Jésus n’a jamais été crucifié, mais qu’il ne s’agissait que d’un faux semblant destiné aux juifs.  En effet, tandis que Dieu élevait Jésus vers Lui, au ciel, une autre personne était crucifiée à sa place.  Le Coran ne précise pas qui était cette personne.
 «… ils ne l’ont ni tué ni crucifié, mais cela leur est apparu ainsi. » (Coran 4:157)
« Dieu l’a élevé vers Lui.  Et Dieu est Puissant et Sage. » (Coran 4:158)
L’islam nie cette croyance selon laquelle Jésus aurait été envoyé sur terre pour racheter les péchés d’Adam, d’Ève et de toute l’humanité en sacrifiant sa vie.  L’islam rejette totalement ce concept voulant qu’une personne porte le fardeau des péchés des autres.  Dieu dit :
« Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre. » (Coran 39:7)
L’islam insiste sur le fait que Dieu est capable de pardonner tous les péchés si une personne se repent sincèrement et s’abstient de répéter les mêmes péchés.  Dieu n’a besoin d’aucun sacrifice sanglant pour cela, et encore moins de descendre Lui-même sur terre sous les traits d’un homme et de mourir pour racheter les péchés de tous les hommes.  La vérité, c’est que la miséricorde de Dieu s’étend à toutes les créatures, aux croyants comme aux non-croyants.  La porte du pardon est ouverte à tous ceux qui veulent bien la franchir.

Le retour de Jésus sur terre

Comme les chrétiens, les musulmans croient aussi que Jésus reviendra sur terre, quoique sa mission et la raison de son retour soient différentes de ce que s’imaginent les chrétiens.  Il reviendra sur terre d’abord et avant tout pour prouver qu’il est lui aussi mortel et pour réfuter les fausses croyances que les gens auront entretenues à son sujet.  Il mènera une vie normale, se mariera et mourra comme tout être humain.  À ce moment-là, tout deviendra clair à son sujet et tout le monde pourra constater qu’il est véritablement mortel.
« Parmi les gens du Livre, il n’y en aura pas un qui, avant sa mort, n’aura pas foi en Jésus.  Et au Jour de la Résurrection, il sera témoin contre eux. » (Coran 4:159)
Jésus combattra également le faux Messie, qui invitera les gens à croire qu’il est Dieu incarné et qui sera apparu juste avant son retour.  Jésus le vaincra et tout le monde croira en la vraie religion de Dieu.  Le monde connaîtra alors une paix et une sérénité jamais connues auparavant; tous adorerons le même Dieu, tous Lui seront soumis et vivront en paix les uns avec les autres.

Conclusion

Ce qui précède n’est qu’une brève introduction à la vérité que Dieu nous a révélée au sujet de Jésus, dans le Coran.  Il n’existe qu’un seul Dieu; Il a créé les êtres humains et leur a transmis à tous le même message, qui est de L’adorer de façon exclusive et de se conformer à Ses commandements – c’est ce qui s’appelle l’islam.  Ce message a été transmis aux premiers êtres humains qui ont vécu sur cette terre, et il a été réitéré par tous les prophètes de Dieu qui ont été envoyés par la suite.
Jésus, fils de la vierge Marie, a accompli des miracles et transmis aux juifs le même message de soumission (islam) qu’avaient transmis les autres prophètes avant lui.  Il n’était ni Dieu ni « fils de Dieu », mais le Messie et un illustre prophète de Dieu.  Jamais il n’a enjoint aux gens de l’adorer; il n’a fait que les inviter à adorer Dieu, qu’il adorait lui-même.  Il a confirmé les lois de la Torah qu’avait enseignées le prophète Moïse; il a vécu dans leur respect et a enseigné à ses disciples à s’y conformer jusque dans leurs moindres détails.  Il leur a également rendues licites certaines choses que les juifs s’interdisaient à eux-mêmes.  Avant son départ, il a annoncé à ses fidèles la venue d’un dernier prophète, Mohammed, qui allait venir après lui, et il leur a ordonné de se conformer à ses enseignements.
Après son départ de ce monde, les enseignements de Jésus ont été altérés et les gens l’ont élevé au statut de véritable Dieu.  Six siècles plus tard, lors de la venue de Mohammed, la vérité au sujet de Jésus a finalement été rappelée aux gens et préservée éternellement dans le dernier livre de révélation divine : le Coran.  De plus, plusieurs des lois de Moïse, que suivait Jésus, ont été remises en vigueur dans leur forme première et non dénaturée, et établies au sein du mode de vie prescrit par Dieu et connu sous le nom d’islam.  Par ailleurs, de nombreux autres aspects ou injonctions des lois qui avaient été révélées par les premiers prophètes ont été modifiés ou alors complètement abandonnés.
Ce n’est que dans l’islam, la seule religion que Dieu ait jamais prescrite à l’homme, que se trouvent préservés les renseignements sur la vie des prophètes, leur message unique et le mode de vie auxquels ils se conformaient tous.  De nos jours, seuls les musulmans suivent vraiment Jésus et ses enseignements.  Leur mode de vie est bien plus en accord avec celui que menait Jésus que ne l’est celui des « chrétiens » modernes.  L’amour et le respect de Jésus constituent un des articles de la foi, en islam, et Dieu a souligné l’importance de croire en Jésus en de nombreux passages du Coran.
Les informations ci-dessous proviennent de : http://chamane.blog.mongenie.com/index/p/2009/08/854770
Le Coran parle de Jésus sous le nom d' `Îsâ , personnage indissociable dans les textes coraniques de sa mère Maryam (Marie)  Il est ainsi souvent désigné sous le nom de al-Masïh   Îsâ ibn Maryam  présenté avec celle-ci comme modèles à suivre ].
Jésus fait partie des prophètes dits famille de 'Îmran avec sa mère, son cousin Yahyâ (Jean le Baptiste) et le père de celui-ci Zacharie[. La foi populaire musulmane accorde une grande importance à Jésus et Marie tandis que Jésus, tourné vers la beauté du monde, apparait par ailleurs souvent avec son cousin Jean, ascète radical, avec lequel il forme une façon de gémellité spirituelle permanente .
L'insistance marquée sur la filiation à Marie est un clair rejet de la filiation divine de Jésus ; néanmoins, la tradition musulmane souligne le caractère miraculeux de sa naissance virginale sans père connu, Joseph étant considéré comme un cousin de Marie. Selon la tradition musulmane, Jésus est en effet créé par le kun , l'impératif divin, et conçu par un rûh de Dieu, souffle divin intemporel insufflé en Marie, le même souffle qui anime Adam et transmet la révélation à Mahomet  
Dans le Coran, Jésus apparait comme un prophète, annonciateur de Mahomet, qui prêche le monothéisme pur, accomplit des miracles, opère des guérisons, ressuscite les morts et connait les secrets du cœur. Jésus confirme la Torah, dont il atténue les prescriptions légales , tandis que son Écriture, contenue dans l'Injil, est présentée comme une guidance et une lumière  que les chrétiens auraient négligée. Ibn Arabi lui confère le titre de sceau de la sainteté, « le plus grand témoin par le cœur », tandis que Mahomet est le sceau des prophètes, « le plus grand témoin par la langue »  Sa prédication auprès des juifs aurait été un échec  et il est suivi des seuls apôtres. Les juifs auraient alors voulu le punir en le crucifiant mais Dieu ne l'a pas permis et lui aurait alors substitué un sosie avant de le rappeler à lui  Néanmoins la fin terrestre de Jésus reste obscure, aucun passage ne signifiant clairement ce qu'il en est advenu.
La représentation de Jésus dans le Coran lui confère également une dimension eschatologique  : son retour sur terre, en tant que musulman, est le signe de la fin du monde et du Jugement dernier tandis que beaucoup de hadiths le présentent comme le principal compagnon du Mahdi, Sauveur de la fin des temps 
En définitive, on trouve dans le Coran quatre négations catégoriques concernant Jésus, par crainte d'associationnisme (shirk)  : il n'est ni Dieu, ni son fils, ni le troisième d'une triade pas plus qu'il n'a été crucifié car cela aurait été indigne d'un prophète de son importance 
Enfin, une minorité musulmane résidant dans les montagnes du Pakistan, les Ahmadis vouent à Jésus un culte tout comme aux saints de l'islam autour d'un tombeau qu'elle dit être celui de Jésus. Le lieu de culte est situé à Srinagar. Ce courant développe une christologie particulière selon laquelle Jésus est un prophète de Dieu qui aurait été déposé de la croix en état de coma et non mort et, une fois soigné, serait venu finir sa vie au Pakistan jusqu'à 80 ans[Cette doctrine est celle de l'« évanouissement ».






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